Jouer à Dark Age of Camelot en 2021

Ceux qui jouaient à des jeux en ligne dans les années 2000 s’en souviennent : Dark Age of Camelot (DAOC) a été un gros titre à succès à cette époque dans le monde des MMORPG (Massive Multiplayer Online Role-Playing Game).

Ce titre va fêter ses 20 ans cette année, et il est assez surprenant de retrouver un jeu de cet âge encore disponible.

Quand est-il de Dark Age of Camelot aujourd’hui et comment y jouer en 2021 ?

L’histoire

Sorti fin 2001 aux Etats-Unis, puis début 2002 en Europe, Dark Age of Camelot est un jeu massivement multi-joueurs créé à l’époque par le studio Mythic Entertainment.

La mort du Roi Arthur laisse derrière lui un royaume dévasté et vous devez choisir un des 3 royaumes pour démarrer le jeu :

  • Les défenseurs d’Albion – fidèle au roi – dont Camelot est la capitale
  • Le royaume de Midgard, peuple de combat
  • Enfin, Hibernia, le plus magique des royaumes d’après ses défenseurs

Le jeu traite de l’univers médiéval-fantastique et propose des quêtes PvE (Player vs Environment) mais aussi un système de combat PvP (Player vs Player) qui fait son originalité à sa sortie.

Les quêtes via le système PvE permettent de progresser en niveau : les joueurs affrontent seul ou en groupe des monstres en rapport avec le monde du Roi Arthur.

Les royaumes

Les combats PvP sont possibles grâce à la présence de zones frontières où peuvent se combattre entre eux les personnages des royaumes adverses. En dehors de ces zones frontières les joueurs sont donc à l’abris et peuvent tranquillement vaquer à leur occupation.

Combat RvR

Ce qui est révolutionnaire à l’époque est que ce système de combats fait intervenir les joueurs au sein de 3 royaumes différents – d’où le terme de RvR (Realm vs Realm).

Et là où les choses commencent à devenir intéressantes est que les membres du royaume d’Albion peuvent attaquer ceux de Midgard ou encore d’Hibernia, et l’inverse bien sûr !

Cela veut dire qu’un combat initial où un groupe d’albionais attaquent un groupe de midgardiens, peut se transformer en un combat plus complexe lorsque des hiberniens débarquent.

Il peut aussi y avoir un système d’alliance tacite dans le cas où – par exemple – des groupes de royaumes différents s’allient pour attaquer un 3e royaume, sachant que des membres de royaumes différents ne peuvent communiquer entre eux via le jeu.

Le succès est tel que le jeu présente à certains moments de la journée plusieurs milliers de joueurs connectés pour des prises de forts ou de reliques ou encore pour la défense de forts en zone frontière.

Golestandt le dragon

Le système de quêtes PvE n’est aussi pas en reste puisque dans certains cas il faut prévoir plusieurs groupes de 8 personnes pour battre des monstres niveau 80 comme Golestandt dans Dartmoor 🙂

L’historique des extensions

Mythic a produit au cours du jeu 7 extensions qui se vendaient séparemment de l’abonnement mensuel. Aujourd’hui celles-ci sont incluses dans le jeu.

Voici pour votre culture les différentes extensions qui sont apparues après la sortie du jeu en Europe :

  • Shrouded Isles (Fév 2003) : ajout de 6 nouvelles classes et de zones supplémentaires incluant des donjons épiques
  • Foundations (Juin 2003) : extension gratuite pour gérer un système d’habitat (housing) pour les personnages ou les guildes.
  • Trials of Atlantis (Fév 2004) : ajout de 3 nouvelles classes et du contenu pour des personnages haut niveau.
  • New Frontiers (Nov 2004) : reconception de la zone frontière, des chateaux et des tours, avec l’ajout de différents appareils de siège.
  • Catacombs (Avril 2005) : ajout de 5 nouvelles classes (Heretic, Vampiir, Bainshee, Warlock, Valkyrie), et de donjons instanciés.
  • Darkness Rising (Fév 2006) : introduction des armes de champion, des montures personnelles (chevaux), des compétences Champion Levels et nouveaux donjons.
  • Labyrinth of the Minotaur (Fév 2007) : ajout de la race Minotaur, de la classe Mauler, d’un nouveau donjon RvR « Mythrians » et des Champion Levels additionnels (6-10). Introduction du plus grand donjon RVR de l’histoire de Camelot (Labyrinth) avec un accès par les 3 royaumes via l’ile d’Agramon.

Aujourd’hui le studio Mythic n’existe plus suite au rachat par Electronic Arts.

Cependant le jeu continue à vivre via le studio Broadsword Online Games dont Rob Denton est à la tête (un des fondateurs de Mythic Entertainment) mais dont la gestion est faite par Electronic Arts.

DAOC Endless Conquest

Dark Age of Camelot propose le « free to play » depuis Novembre 2019.

Pour accéder à DAOC, il vous faudra suivre les quelques étapes présentées ci-dessous, notamment la création d’un compte Electronic Arts ainsi qu’une activation du jeu de Broadsword, puisqu’il s’agit du studio officiel du jeu dorénavant.

La plateforme pour le jeu est Windows. Bien que sous Linux il soit possible d’y accéder via PlayOnLinux, cet article traitera uniquement de l’installation officielle.

Allez tout d’abord sur le site DarkAgeOfCamelot puis dans la rubrique « Download and Play Now! ».

Je n’aborderai pas ici la reprise de vos anciens comptes et on va supposer qu’on créé un compte d’essai dit « Endless Conquest ».

Contrairement au compte payant (dit Vétéran), celui-ci est gratuit mais présente certaines limitations indiquées sur cette page.

Dans la page de téléchargement, choisissez l’option « All New Player », puis « Download the client ».

Lancez ensuite son installation qui devrait prendre quelques minutes ou plus suivant la qualité de votre connexion internet (4 Go à télécharger).

Une fois le client installé, retournez sur la page de téléchargement pour accéder à « Go to account center ».

Cette page permet de vous connecter à votre compte Electronic Arts : si vous n’en avez pas, créer en un.

Une fois connecté, vous pourrez activer votre compte gratuit pour Dark Age Of Camelot :

Dans le cas où vous souhaiteriez utiliser un compte vétéran directement, voici les tarifs pour information :

Choisissez un nom de compte ainsi qu’un mot de passe : ces informations seront nécessaires pour utiliser le client pour lancer le jeu.

Sous Windows, lancez le client pour faire apparaitre la fenêtre de connexion :

Indiquez le nom et le mot de passe de votre compte nouvellement créé.

Choisissez ensuite les serveurs Ywain1-Ywain10. Il existe aussi un serveur coopératif « Gaheris » mais celui-ci ne devrait pas vous intéresser.

Si vous voulez en savoir plus sur le type de serveur, consultez la page « RvR & Server Types« .

Le jeu devrait alors se lancer avec un écran d’introduction :

La prochaine étape consiste à choisir son royaume :

Faites bien votre choix 🙂

Notez que vous pouvez toujours créer jusqu’à 10 personnages par compte et par royaume.

L’écran suivant permet de sélectionner le nom de votre personnage, sa race ainsi que sa classe :

Notez que le compte de type « Endless Conquest » ne propose pas toute l’étendue des classes disponibles et se limite à 5 classes par royaume.

Sélectionnez ensuite dans l’écran suivant la taille et l’aspect physique :

Une fois le personnage validé, vous pouvez le sélectionner pour commencer l’aventure via « Play » :

La zone de départ proposée par Broadsword permet de faire évoluer votre personnage des niveaux 1 à 10 en faisant des quêtes pour découvrir les différents aspects de base du jeu :

Notez que des zones de combat (les battlegrounds ou BG) sont disponibles à tout niveau.

Cependant on peut noter que la présence de combatants est plutôt visible à partir des niveaux 35-39 (Molvik) et plus.

Vous pourrez toujours faire des quêtes PvE pour monter en niveau et obtenir armes/armures au fur et à mesure de votre progression ou bien rejoindre une guilde française pour vous aider (il en existe quelques unes).

Un bon guide à ce sujet est disponible en français sur JeuxOnline : tout simplement nommé « Guide du retour en 2018 » : )

En ce qui concerne mon avis sur le jeu après tant d’années, je vois plusieurs choses améliorables :

  • L’interface vieillissante serait à revoir
  • Le contenu du jeu est en anglais uniquement
  • Le nombre de joueurs est assez limité, sauf peut être en zone RvR aux heures d’affluence
  • Il y a des events mais il faudrait certainement les développer plus pour donner un attrait supplémentaire au jeu
  • La limitation de 5 classes par royaume pour les comptes « Endless Conquest »
  • La version payante un peu chère

Et dans les éléments qui font sa force

  • Le système de RvR avec la prise de donjons et de reliques
  • Le nombre quêtes disponibles pour la partie PvE
  • Son univers médiévale fantastique
  • Le PvP disponible à tous les niveaux

La proposition d’avoir un compte gratuit est vraiment intéressante pour se replonger dans cet univers médiéval. Même si le jeu a vieilli, on aime à découvrir à nouveau certaines zones du jeu.

Pour ceux qui veulent un peu plus de détails sur cette version en « free to play », une page dédiée aux FAQ est disponible à ce sujet en français.

Parler de Dark Age of Camelot n’aurait pas été complet si le phénomène des FreeShards (ou émulateurs) n’était pas présenté.

Et c’est ce que l’on va voir tout de suite.

Les FreeShards

Le système de FreeShard repose sur l’émulation du jeu proposé par des passionnés.

La plupart des serveurs FreeShard DAOC se basent sur Dawn of Light. Ce système a été créé de zéro en langage C# pour permettre l’émulation du jeu, et il utilise une base de données MySQL/MariaDB pour stocker les personnages, les objets, les mobs, etc.

Le FreeShard « Phoenix » est présenté ci-dessous, cependant une annonce récente indique sa fermeture au 31 Août 2021 de la part de l’équipe qui le gère. Notez qu’une alternative actuelle est Celestius RVR dont le lancement est prévu en Janvier 2022.

Sinon il existe le serveur Uthgard avec les règles classiques de DAOC. Après revue, ce dernier est un peu rustique au premier abord, mais c’est mon préféré à aujourd’hui.

La partie légale des Freeshards est un autre débat, et il n’y a pas eu de démarches – à ma connaissance – de la part de Broadsword pour fermer ce type de site.

Je pense qu’un des constats est qu’une partie des passionnés de la communauté utilisent et font vivre cet univers aux travers des FreeShards. A chacun de se faire son avis sur le sujet.

Pour illustrer le cas du freeshard Phoenix, voici le détail de l’installation et un aperçu rapide.

Etant donné que le jeu DAOC a déjà été téléchargé précédemment, il reste juste à télécharger le client « Phoenix ».

Pour cela, téléchargez le « Phoenix Launcher » proposé via le site :

Il s’agit en fait d’une archive zip qui contient 4 fichiers.

Déplacez ces fichiers vers votre répertoire d’installation de DAOC sur votre PC et lancez le programme « Phoenix » :

Il sera alors demandé de créer un compte avec une adresse email, un nom de compte et un mot de passe.

Une fois votre compte créé, si le client ne se connecte pas bien au site Phoenix, lancez le programme « PhoenixFixer » :

Celui-ci propose de repasser le jeu dans une version antérieure à la 1.127 :

Lancez à nouveau le client, tout devrait bien se passer.

Notez que cette fois-ci, vous aurez accès à la plupart des classes du jeu : )

Comparé à la version officielle, voici mon avis sur Phoenix :

  • C’est très orienté RvR
  • Pas de quêtes PvE de disponibles
  • La montée en niveau se fait « à l’ancienne » (tuer des mobs ou alors se faire aider, mais pas via les quêtes)
  • Il y a une communauté active
  • PvP à partir du niveau 20 minimum
  • L’univers moins « fourni » en contenu du fait de l’absence des quêtes

Il m’est arrivé notamment que des niveaux 50 proposent leur aide pour que mon perso puisse monter en expérience, ce qui est appréciable.

Vous pouvez donc tester ce serveur pour vous faire votre propre avis et voir si vous souhaitez monter un personnage dessus.

Notez que le lancement de Phoenix est possible sous Linux via Wine, mais cela nécessite quelques connaissances sur le sujet. Par défaut préférez donc Windows comme plateforme officielle.

FreeShard privé

La mise en place d’un FreeShard privé nécessite quelques compétences techniques.

Si on met de côté ce point, voici les particularités d’un tel serveur dans le cas où vous réussissez à le monter :

  • Un contrôle quasi totale de l’univers de jeu
  • La possibilité de tester l’ensemble des classes
  • L’admin peut monter votre personnage jusqu’au niveau 255
  • Proche de la création d’un jeu (possibilité de créer ses propres quêtes, armes, armures, etc)
  • Jeu en privé entre amis pour du RvR (en théorie possible mais idéalement cela nécessite du monde, par exemple 4 à 8 joueurs par royaume, donc 12 à 24 personnes en tout)
  • Aucune quête de disponible par défaut
  • Il faut du temps pour comprendre comment personnaliser un tel serveur

Avec le système Dawn of Light, la mise en place est faisable.

Il m’a été possible de lancer/tester un serveur sous Linux via mono et de connecter quelques personnages via Windows ou encore Linux via Wine qui pouvaient se voir dans les zones PvP/RvR.

Il faut avouer que le cas d’usage reste assez limité, mais il est à noter tout de même 🙂

Pour finir

Je ne rentrerais pas dans le débat du pour ou contre des FreeShards, et pour faire simple voici mon avis sur comment redécouvrir le jeu :

  • Pour ceux qui débutent ou encore qui aiment l’aspect quêtes/univers médiévale en plus de RvR, je conseillerais plutôt les serveurs officiels. Et vous ferez une bonne action car cela entretien la communauté « officielle » du jeu 🙂

  • Pour ceux qui ne jurent que par le RvR, vous pouvez toujours tester Phoenix, cependant j’ai trouvé que la montée en niveau était un peu fastidieuse, et sans quêtes disponibles à ce sujet, il faudra vous faire aider via des personnages plus haut niveau. Sinon, le RvR sur les serveurs officiels est possible, même si la population de joueurs semble un peu moins nombreuse.

  • Pour les curieux et les geeks, la mise en place d’un serveur privé peut être intéressante car tout est paramétrable et vous serez admin de votre univers. Attention dans ce cas : cela nécessitera de la patience et du temps pour une telle mise en place. J’aurai sûrement l’occasion de l’aborder dans un article dédié.

Enfin, notez que si vous souhaitez en savoir plus sur l’utilisation du jeu dans ses détails, le site Camelot Insider – récemment créé en version anglophone- permet d’en découvrir les subtilités.

Je profite de cette fin d’article pour parler brièvement de Camelot Unchained.

Il pourrait d’agir du successeur spirituel de Dark Age of Camelot puisque le jeu est en cours de création par le studio City State Entertainment.

L’un des fondateurs n’est ni plus ni moins que Mark Jacobs, un des pères de Dark Age of Camelot.

De là à avoir le futur Dark Age Of Camelot de cette décennie : il faudra patienter encore un peu avant de s’enthousiasmer, car aucune date de sortie officielle n’a été annoncée, et il se pourrait que le jeu ne voit pas le jour si jamais le financement nécessaire à un jeu de cette ampleur ne suit pas.

En attendant bonne (re)découverte de Dark Age of Camelot !

Une réflexion sur “Jouer à Dark Age of Camelot en 2021

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